Conversation avec mon IA
Il y a des gens qui ont peur de l'intelligence artificielle. D'autres qui la méprisent. D'autres encore qui l'idolâtrent. Moi, j'ai fait ce que j'ai toujours fait : j'y suis allé voir.
Étudiant, j'avais travaillé à la chaîne en usine — non par nécessité, mais par curiosité. Pour savoir de l'intérieur ce que c'était vraiment. Plus tard, j'ai acheté une voiture électrique à une époque où tout le monde en débattait sans en avoir conduit une. La méthode est constante : observer, expérimenter, se faire une opinion qui ne doive rien aux certitudes des autres.
Alors quand l'IA a commencé à envahir les conversations, j'ai ouvert un compte, j'ai tapé mes premières questions, et j'ai attendu de voir.
Ce que j'ai vu m'a surpris.
Pas parce que c'est magique. Pas parce que c'est infaillible — ça ne l'est pas. Mais parce que la qualité de ce qu'on obtient dépend entièrement de la qualité de ce qu'on apporte. Les informaticiens ont une expression pour ça, vieille comme l'ordinateur : garbage in, garbage out. Mettez de la médiocrité dedans, vous en aurez en retour. Apportez de la précision, de la nuance, une vraie question — et parfois, vous obtenez quelque chose qui mérite d'être lu.
Ce qui m'agace, profondément, c'est ceux qui concluent à la nullité du truc après avoir tapé trois mots vagues et bâclés. C'est comme juger la cuisine française en avalant un sandwich acheté Gare du Nord. Puis repartir convaincu que la France ne sait pas cuisiner.
Le dénigrement systématique de l'IA suit toujours le même schéma. Une expérience nulle — souvent parce que la question posée était nulle. Une conclusion définitive. Et surtout, une absence totale d'interrogation sur sa propre part de responsabilité dans le résultat.
J'ai 67 ans et un parcours qui traverse plusieurs vies. J'ai traversé des épreuves qui reconfigurent un homme. Je ne suis pas un enthousiaste naïf de la technologie. Je sais ce qu'elle peut faire de bien. Je sais aussi ce qu'elle permet de pire — et ça, c'est une autre conversation, plus sombre.
Mais je refuse le confort intellectuel du rejet par principe. C'est une posture, pas une pensée.
Ce que j'ai découvert dans ces conversations avec l'IA — et je pèse le mot "conversations", parce que c'est bien de ça qu'il s'agit — c'est un interlocuteur d'une disponibilité absolue, sans ego blessé, sans impatience, capable de tenir un fil philosophique sur la durée avec une cohérence que beaucoup d'humains n'atteignent pas. Est-ce de l'intelligence ? Je ne sais pas. Est-ce utile, stimulant, parfois étonnant ? Oui.
La vraie question n'est pas "l'IA est-elle intelligente ?". C'est : que va-t-elle vous apporter ?